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JEAN II LE BON (22/08/1350-8/04/1364)

Gros tournois - 03/07/1359
N° t02_0493
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Nom de l'atelier : Montpellier
Quantité frappée : 858000 exemplaires
Diamètre en mm : 25 mm
Axe des coins : 11 h.
Métal : Billon
Poids observé : 3,32 g.
Poids théorique : 3,415 g.
Taille : 1/71 2/3 marc
Titre en millième : 857°/oo
Titre ancien : 10 d. 18 gr. A.R.°
Pied : 32
Valeur : 24 d.t.
Rareté : RR État de conservation : SUP / TTB+ Prix de départ :
400.00 €
Prix Réalisé :
400.00 €
Meilleure Offre :
420.00 €
AVERS
Légende : + IOhAnnES (triangle) REX ; légende extérieure : + BnDITV: SIT: nOmE: DnI: nRI: IhV: XPI, (ponctuation par trois points superposés).
Traduction : (Jean, par la grâce de Dieu ; Béni soit le nom de notre seigneur Jésus-Christ).
Description : Croix.
REVERS
Légende : TVRONVS (triangle) CIVIS ; bordure extérieure de douze lis contenus dans des oves.
Traduction : (Cité de Tours).
Description : Châtel tournois, sans besant, sommé d’une croisette coupant la légende en haut.
N° dans les ouvrages de référence : C.401 - L.363 - Dy.351
Description état de conservation : Ce gros est frappé sur un flan un assez large, légèrement voilé et présentant des faiblesses de frappe. Exemplaire recouvert d’une légère patine grise.
Commentaires à propos de cet exemplaire :
Variété avec légende extérieure courte au droit avec DnI: nRI: IhV....
Commentaires à propos de ce type monétaire :
Ce rare type monétaire émis spécialement pour le Languedoc est attesté, d’après les comptes de fabrication pour les ateliers de Montpellier (AN Z1b 898) et de Toulouse (AN Z1b 991). À Montpellier, 858.000 gros furent frappés entre le 3 juillet 1359 - date de la première délivrance - et au plus tard jusqu'au 19 décembre 1360, sous l'exercice du maître Charles Ysebare. Les émissions toulousaines furent plus restreintes avec seulement 160.000 gros frappés.
Historique :
Jean, duc de Normandie, monta sur le trône de France à l'âge de trente et un ans, ayant déjà à son actif une longue expérience de campagnes militaires. D'entrée, il s'aliéna Charles de Navarre en cédant le comté d'Angoulême à son favori, le connétable Charles d'Espagne. Ce dernier fut assassiné par le Navarrais en janvier 1354. Au mois de février suivant, Jean dut conclure le traité de Mantes avec Charles et lui céder de vastes domaines en Normandie. Pour répondre à la création de l'ordre de la Jarretière en 1348, Jean institua l'ordre de l'Étoile, en 1351. En 1355, le prince Noir, fils d'Édouard III, commença la guerre en Guyenne. Sa chevauchée le mena en Armagnac, puis en Languedoc. Dans le même temps, les Anglais lançaient des raids depuis Calais. La monnaie s'effondrait, l'insécurité était générale. En décembre 1355, les États généraux s'assemblèrent dans la grande salle du palais de la Cité. Il fut décidé de lever un impôt pour lutter contre les Anglais. Sa perception fut confiée à des " élus " nommés par les États. L'année suivante, de nouveaux États généraux furent réunis, toujours pour traiter de la perception de l'impôt. L'évêque de Laon, Robert Le Coq, chercha alors à dresser le prince Charles, duc de Normandie, contre son père. La même année, les Anglais du duc de Lancastre ravageaient la Normandie. Voulant mettre un terme aux chevauchées du prince Noir, Jean II le coupa de Bordeaux et le contraignit à la bataille près de Poitiers. Le sort des armes fut défavorable aux Français et Jean fut pris et emmené en captivité en Angleterre. Charles prit le titre de lieutenant du roi puis, en 1358, celui de régent. À Paris, les bourgeois portaient à la prévôté des marchands Étienne Marcel, d'une vieille famille de drapiers, qui, aux États de 1356, avait pris la tête d'un parti qui demandaient la participation des États au gouvernement. De nouveaux États généraux, convoqués en février 1357 par Charles, furent plus défavorables encore à la monarchie. Robert Le Coq et son parti tendaient à placer la royauté sous contrôle : nomination de réformateurs généraux chargés d'épurer l'administration, périodicité des États, entrée au Conseil de dix délégués des États. Le 22 février 1358, Étienne Marcel et ses partisans envahissaient le palais de la Cité et assassinaient les maréchaux de Champagne et de Normandie sous les yeux du Dauphin. Bientôt, Charles quitta Paris et convoqua les États pour le 4 mai à Compiègne. La peste, les jacqueries, les désordres lassèrent l'opinion et la ramenèrent du côté du pouvoir. Le 31 juillet 1358, Étienne Marcel était assassiné à son tour et, le mois suivant, le régent revenait dans Paris. Cependant, l'anarchie gagnait à présent tout le royaume. Les chevauchées des capitaines anglais mettaient à sac les provinces. Il fallut traiter : le 24 mars 1359, pour recouvrer la liberté, Jean acceptait de payer une rançon de quatre millions d'écus et de céder à Édouard une grande Aquitaine en pleine suzeraineté. Le traité de Brétigny, en mai suivant, ramena la rançon à trois millions et les cessions territoriales à l'Aquitaine, à Calais et au Ponthieu. Un traité solennel, signé à Calais en octobre, confirma ces dispositions. Libéré, Jean II décida de partir à la Croisade. En août 1362, il quittait Paris pour Avignon. Cependant, le jeune Louis d'Anjou venait de s'enfuir d'Angleterre. Fidèle à sa parole, Jean remit le gouvernement du royaume à Charles et revint à Londres en janvier 1364 pour prendre la place de son fils. Il y mourut quelques temps après.

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